Transférer son esprit vers un ordinateur est-il une bonne idée ?

20 janvier 2012 | Pilule Rouge

S'il est un rêve que l'humanité a caressé depuis l'avènement de la technologie et l'oubli du boulier, c'est bien d'utiliser la mémoire des ordinateurs pour assurer la propre persistance de son intelligence, de sa mémoire et de son âme à travers le temps. Cette ambition, née avec les premiers films de science fiction et les recherches sur l'intelligence artificielle, peut correspondre à ce que l'on appellerait le transfert d'esprit.

Dans quel but ?

Pour parer en premier lieu à l'une des plus grandes peurs des temps modernes : faire un backup. Devenir immortel, et ne plus avoir peur de faire des parties de Sudoku à 7 dimensions tard le soir. Ce qui peut également conduire à réaliser de grandes ambitions : prendre un billet pour un voyage intersidéral sans avoir à se préoccuper de la quantité de sandwichs embarqués, et atteindre les plus proches étoiles. Ou bien encore profiter de sa propre dématérialisation pour aller explorer plus modestement les recoins de notre globe. Échapper à la SNCF sera déjà une grande avancée humaine.

Si l'on peut faire une copie, pourquoi ne pas tenter d'en faire plusieurs ? La démultiplication des existences pourrait permettre de vivre des expériences multiples en parallèle.

D'un point de vue technique, cependant, tout n'est pas rose. Il faut beaucoup de puissance pour émuler un cerveau organique. Un supercalculateur surpuissant serait nécessaire, et jusqu'à présent personne ne dispose d'assez de Téraflops ou de moyens pour tenter le coup. Certains spécialistes estiment que ce sera envisageable d'ici 2025 au vu du rythme d'évolution actuel, de façon expérimentale bien sûr, avec un volume et une énergie nécessaire qui dépasseraient bien sûr celles habituellement requises par un humain.

Une solution serait d'exécuter cerveau.exe au ralenti, monopolisant alors moins de transistors pour gérer chaque neurone. Malheureusement l'intérêt en serait limité, nous avons déjà un exemplaire de Cindy Sander. Cela suppose aussi de savoir numériser et reconstituer les neurones, leur comportement les liaisons complexes qui sont établies. Quand bien même la reproduction physique serait possible, nos connaissances sur la chimie des échanges n'est pas parfaite, et rien ne dit que la "conscience" suivrait le transfert, ou que l'on parviendrait à reproduire tous nos "périphériques" organiques : vue, ouïe, toucher. La musique ne pourrait plus qu'être analysée d'un point de vue algorithmique.

Si les réseaux de neurones ne sont pas une nouveauté, ils sont pour l'instant limités en puissance. Leur invention remonte aux années 1950 et se voit appliquée dans de nombreux domaines : reconnaissance de caractères, de séquences ADN, estimations boursières, prévisions météo. Leur particularité est de pouvoir apprendre à partir de cas concrets. Il y a environ 1015 synapses dans un cerveau, pour lesquels il faudrait au bas mot 20 000 To de stockage pour représenter leur structure et leurs interconnexions. Avant d'atteindre de telles capacités, des chercheurs pourront sûrement stocker toute l'intelligence des skyblogueurs sur une disquette 3,5".

En poussant la réflexion plus loin, devrait-on copier ou déplacer ? Si un esprit est transféré vers une représentation numérique, faut-il immédiatement éliminer l'original ? Les simulations disposeraient-elles des mêmes droits que les humains organiques ? Qui aurait la responsabilité de les débrancher, ou bien de les mettre à contribution dans un objectif particulier ? À quel moment parle-t-on de Skynet ? Les problèmes éthiques sont nombreux.

Dans l'imaginaire, un fameux récit d'Arthur C. Clarke évoque le sujet, avec La cité et les astres. L'un des premiers du genre, publié en 1956 et qui n'a pourtant pas pris une ride. L'humanité vit son quotidien et ses distractions, connectée à des simulations, sans jamais avoir besoin d'explorer ce qui se déroule au-delà de la ville. En quelque sorte, World of Warcraft avant l'heure. Plus récemment, La Possibilité d'une île de Houellebecq.

Parmi les films, de nombreux exemples au palmarès, touchant de près ou de loin au sujet. Cargo, Matrix, Ghost in the Shell, Le 6e jour, Avatar, Tron, et les séries Stargate ou Red Dwarf qui fait la part belle aux reconstitutions holographiques d'humains disparus. Il en existera bien d'autres encore, tant le sujet est populaire et fascine les humains que nous restons.

Moins connu, Passé Virtuel (The Thirteenth Floor), dresse le portrait d'un développeur, fan des années 30 qui parvient à se projeter dans une simulation de l'époque, avec d'autres subtilités dissimulées par le scénario.

Parmi les jeux, encore plus, avec toute une série d'esprit humains ayant été transférés ou emprisonnés dans quelques puces, que les reliques organiques soient encore présentes ou non. Notons Assassin's Creed.

Londres, son cheddar, ses hôtels

18 janvier 2012 | General

Les différents quartiers de Londres offrent des atmosphères variées (on ne parle plus de smog), et font souvent partie intégrante de la vie londonienne telle qu'on souhaiterait la découvrir, moins dense. Chinatown, Camden, ont quelques côtés pittoresques, et Hampstead attire des personnalités locales. Vous trouverez sans aucun doute de nombreux sites et blogs qui vous proposeront des lieux à découvrir à Londres et des itinéraires de promenades.

Canary Wharf reste très financier, tandis que West End regroupe la plupart des attractions touristiques. Bien connu suite au film éponyme, Notting Hill est résidentiel et huppé. Selon un rapport publié en 2007, Londres est la ville la plus chère au monde dans le domaine de l'immobilier de luxe, suivie de très près par Monaco.

Quiconque a fréquenté une capitale de l'Occident s'est frotté aux joies de la chasse aux hôtels, pression démographique oblige. Celle du Royaume Uni ne déroge pas à cette règle désormais impitoyable et il devient de plus en plus difficile de choisir un hôtel à Londres qui réunisse tous les critères requis. Si votre base de départ doit être le centre, il faudra trouver la perle rare ou ne pas hésiter à mettre quelques billets (arborant les figures de la monarchie) sur la table. Il faut savoir que la cité aux bobbies est aussi le deuxième centre d'affaires mondial juste derrière Hong Kong. Comment en est-on arrivés à cette statistique ? En comptant le nombre d'hôtels 5 étoiles au m². Et pourtant, il reste des hôtels pas chers sur HotelClub.fr. Bonne chasse, selon la saison.

L'accès en métro est rapide. Les stations du Métro de Londres sont bien plus espacées que celles de Paris, donc on parcourt plus de chemin entre deux arrêts, et plus rapidement. On peut donc loger à l'extérieur du coeur sans trop de difficulté. Pour prendre un exemple, Earl's Court en fait partie et compte parmi ses rues courbées de modestes hôtels, côtoyant de riches maisons.

N'hésitez pas à faire un tour du côté du Troubadour, café bohème, musical et bien achalandé en mets et vins du monde entier.

Si vous n'avez jamais goûté au Cheddar, que vous n'avez eu accès qu'aux pâles copies que les anglais laissent passer à l'exportation, ou que vous pensez comme Wallace que notre satellite naturel est en fromage, il est essentiel d'aller découvrir toutes les variétés entreposées chez Neal's Yard Dairy (liste des Cheeses), près du Borough Market.

French app name

15 janvier 2012 | Pilule Rouge

Moins poétique que Lorem Ipsum, le remplissage par des termes génériques, que l'on oublie de traduire avant de diffuser.

Un petit #fail pour Adobe :

Adobe Media Player se nomme en français : "French App name". Efficacité.

Le calme à 1€

4 janvier 2012 | Médias

Capture issue du fameux site Voyages-SNCF.com que tout utilisateur ayant déjà tenté quelques réservations en ligne redoute tant :

Si j'ai bien compris, il faut payer un supplément pour être au "calme" dans un TGV. Les notions d'IDZen et IDZap sur les IDTGV sont familières, mais la transposition du côté SNCF aux TGV classiques semble quelque peu... commerciale. J'ai du mal à comprendre quel est le surcoût pour la compagnie.

Bientôt il faudra payer un supplément pour arriver à l'heure. D'ailleurs, non, dissaïdors et experts marketing de la SNCF, oubliez ce que je viens de dire.

Boules de Bâle

11 décembre 2011 | Pilule Rouge

Bâle - Suisse - participe quelque peu au club - désormais largement étendu, une sorte d'Expanded Universe - des cités accueillant un marché de Noël.

Dans cette photo se cache un ange brandissant une saucisse. Saurez-vous le retrouver ?

Ah, qu'il est loin le temps des ergastules de cet antique site romain. Désormais, les vitrines affichent d'onéreuses décorations pailletées, des produits de luxe rutilants, ainsi que de nombreuses préparations à base de chocolat (et toujours de paillettes).

Sans oublier les boules. Pas n'importe lesquelles, non. Celles que le bon goût nous interdit d'envisager sur un honorable conifère. Celles qui piquent les yeux, et qui font s'interroger sur le sens de la vie, le sens de la gravité qui pourrait purifier notre monde en faisant choir de telles horreurs, et le sens commercial du créateur qui a du s'imaginer qu'il y a un marché pour vendre des boules en forme de canard de bain, d'alien, de pieuvre ou de gorille.

Je vous laisse examiner (de loin, pour ne pas abîmer les pupilles) la vitrine dans son ensemble. Si l'on avait découvert une particule élémentaire du mauvais goût et de masse non nulle, mettons un boson de Spin 0, cet endroit serait la singularité gravitationnelle d'un trou noir.

Pour tout ceci, il faut naturellement un sapin en tant que support. La même boutique prévoit la chose, ce qui nous porte vers la deuxième question-quiz.

Saurez-vous deviner le prix de ce magnifique objet, Maryse ?

Zoomons sur l'étiquette...

Oui : 2350 francs suisses, il ne manque pas de virgule. Soit près de 2000 euros. Reich geschmückt !

Non, vraiment, Noël ce n'est pas pour les gougnafiers.

Checkpoint Charlie

7 décembre 2011 | General

Checkpoint Charlie était un des points de passage (et surtout de contrôle) entre l'Est et l'Ouest, durant la Guerre Froide. Il était situé entre les secteurs américain et soviétique. Charlie n'était que le nom de code du troisième de ces checkpoints (Alpha, Bravo, Charlie).

De nos jours, les touristes se pressent aux alentours pour découvrir les quelques éléments subsistant de cette époque révolue.

Du côté américain, seul une petite guérite fut construite, par optimisme. Du côté soviétique, des infrastructures plus lourdes telles que des miradors surplombant un No man's land furent bâties.

La valeur sûre reste la fameuse Berliner Currywurst que l'on peut y déguster ainsi qu'à tous les coins de rue.

Les anciens emplacements du mur sont encore marqués aujourd'hui au sol par des plaques et des tracés de pavés.

Un McDonald's a conquis la place, à quelques mètres du Checkpoint. Revanche de l'histoire ou douce ironie, si peu de temps après la chute du mur, la nature du marché reprend ses droits.

Même les photos souvenirs avec de vrais-faux militaires sont prévues.

Pour les plus nostalgiques, des vendeurs de rue proposent un assortiment complet de chapeaux, casquettes, menottes, masques à gaz.

L'attraction la plus pittoresque est la Bierbike, un véhicule embarquant jusqu'à 16 personnes, pédalant pour faire avancer l'ensemble tout en buvant de la bière. Et en chantant bien sûr.

Ampelmann, en rouge et en vert

4 décembre 2011 | General

Vous visualisez certainement tous les bonhommes verts et rouges indiquant aux piétons lorsqu'il est possible de traverser ou non. Ce symbole quasi-international subit quelques altérations selon les continents.

À Berlin, notamment du côté Est pour des raisons historiques, leur design est quelque peu différent, depuis une cinquantaine d'années. En théorie voués à la disparition en 2004, ils ont été sauvés par des berlinois ostalgiques.

Ils sont devenus une figure emblématique de la ville, avec une boutique Ampelmann dédiée pour les nostalgiques de la DDR (et là je ne parle pas de la RAM ni de Dance Dance Revolution, mais bien de la RDA). Le bonhomme y est décliné sous toutes ses formes, dont des moules pour faire des petits gâteaux de Noël.

Adresse de la boutique physique : Rosenthaler Strasse, 40-41, 10178 Berlin. Elle vaut le détour.

Dans le même esprit, on aperçoit quelques versions féminines ou bien avec des parapluies, ainsi que quelques autres symboles détournés de leur usage initial...

Mozartkugeln, le test vérité

17 novembre 2011 | Pilule Rouge

En l'an de grâce 1890, Paul Fürst créa le Mozartkugeln. De Mozart (inutile de préciser) et Kugel (en allemand : boule ou boulette).

Objet de convoitises, ce chocolat célèbre à Vienne et ses alentours se voit copié de toutes parts, tant il est rare qu'un visiteur ne reparte pas sans quelques exemplaires dans son escarcelle. C'est autrement plus glamour qu'une saucisse.

Premièrement, il existe plusieurs fabricants, qui apportent plus ou moins de soin à la conception du Mozartkugel, en prenant plus ou moins de liberté par rapport à la recette originale. Si tant est qu'il en existât une. Le design reste sensiblement le même pour leurrer l'acheteur. Les têtes du compositeur ont l'air tantôt intelligentes, inspirées, concentrées, ou simplement de dire "Attention, je contiens des calories et j'ai une belle perruque".

Une forme sphérique parfaite n'est pas des plus aisées à obtenir. Tout dépend des moules, de la répartition sur le support et de la gravité. En effet, à 9.81 m/s-2 il est très probable que le chocolat s'écoule autour du noyau sans rester dignement à sa place. Le fourbe.

L'emballage est déjà un indice. À gauche, un exemplaire issu de Manner. À droite, un exemplaire de Mirabell (dont l'adresse authentique redirige invariablement vers le domaine Mozartkugel.at, comme quoi cette rivalité gustative se déroule aussi sur le port UDP 53).

On constate avec une étude rapprochée que la finition est inégale, soit un peu bâclée, soit épousant parfaitement la forme du contenu. De quoi constituer un sérieux défi pour les ingénieurs du pliage : une tablette de chocolat classique parallélépipédique est déjà bien difficile à refermer pour le commun des mortels. On peut présumer que les experts en packaging de Manner n'ont pas encore percé le secret des plieurs de Mirabell.

Après le déballage il n'y a plus de mystère. La boule dévoile tous ses secrets. Couleur, forme, irrégularités.

D'un côté, l'on se retrouve avec une géode approximative qui trahit le mode de production. De l'autre une honorable sphère démontre qu'il est toujours possible de rechercher la perfection dans l'impossible. Chateaubriand nous met cependant en garde contre l'idée d'une perfection qui nous empêcherait de ne rien achever. C'est pourquoi il faut pousser l'investigation plus en avant et ne pas s'arrêter à l'apparence.

En l'intérieur réside l'essentiel du débat. La recette originale consiste à partir d'un noyau de massepain à la pistache, recouvert d'une crème de nougat - voire d'un équivalent pour les adeptes d'une optimisation commerciale et schismatique de la tradition. Cette base de départ est placée au bout d'un bâtonnet de bois et plongée dans du chocolat pour en être entièrement revêtue. Une fois celui-ci refroidi et solidifié, le bois est retiré et le vil trou laissé derrière lui comblé.

Cette structure est à n'en pas douter d'une inspiration très proche de la géologie terrestre.

Le tout est emballé, à la main, dans une fine feuille métallique. La confiserie Fürst parvient ainsi à en produire à elle seule 1,4 million par an.

Après la dégustation, et si les neutrons restent sages, seul l'aluminium reste. Finalement, il est bien difficile de se prononcer. Il va falloir en tester d'autres, et procéder par vous-même pour vous forger une idée. Oui, le titre prometteur était un piège : tous les goûts sont dans la nature.

Je noterai tout de même que l'entrée de gamme est un peu plus sucrée sur les bords, moins raffinée dans sa composition, et que l'on peut sérieusement s'interroger : WTF ! Où est donc passé le noyau de pistache ?

Bien entendu, les autres imitations sont nombreuses. Pour simplifier le tout, si vous ne retrouvez aucune des caractéristiques citées, il y a de fortes chances pour que vous n'ayez qu'un vulgaire chocolat dans la main. La confiserie Fürst est située Getreidegasse, à Vienne bien sûr.

Game Stories

15 novembre 2011 | Médias

Game Stories, 132 pages (6.90€) est disponible en kiosque et librairie ainsi qu'à l'exposition du Grand Palais (10 novembre 2011 - 10 janvier 2012).

Loin de ce que l'on peut trouver habituellement dans les autres magazines, ce hors-série retrace l'histoire des débuts (et quand je dis les débuts, ce sont vraiment les début des débuts) du jeu vidéo jusqu'à nos jours. Beaucoup d'anecdotes, de dossiers sur l'évolution du graphisme et des interfaces homme-machine, d'analyses fines sur les tendances et rebondissements dans la création des jeux. De Space Invaders à GTA, en passant par Mario et le Level & Sound Design, on y ressent tout l'art qui en découle depuis désormais (déjà) quelques décennies.

La mise en page est soignée, les illustrations des premières pages empreintes de nostalgie, à ce prix-là ce n'est que du bon. Pour les néophytes comme les hardcore gamers qui ont déjà tout connu.

Zzyzx

6 novembre 2011 | General

Zzyzx Road est une modeste route de Californie située dans le désert de Mojave.

Remarquez le vrai-faux border-radius sur le panneau (qui est d'ailleurs de mise pour la plupart d'entre eux aux States).

Outre sa particularité de posséder un nom difficile à prononcer, elle n'en revêt aucune autre. L'endroit fut bien un chouette coin de rencontres préhistoriques, mais reste bien aride sur les bords.

Zzyzx fut baptisée ainsi en 1944 par un certain Curtis Howe Springer, illuminé de son état, qui cherchait là le dernier mot de la langue anglaise. Il trouva l'occasion de fonder un Spa autour de sources minérales, de mettre un peu d'eau en bouteille pour les passants (la Vallée de la Mort n'est pas si loin) et d'accueillir des animaux dans son ranch pour en faire une attraction locale. Cependant, il fut expulsé des lieux en 1974 car il avait outrepassé les simples droits d'exploitation minière.

Non loin de Zzyzx Road, un Alien :