Archive pour 8 mai 2006

La 27e lettre

Lundi 8 mai 2006 | Pilule Rouge
Esperluète

On croit souvent que l'esperluète est un caractère moderne, plus ou moins anglo-saxon. Surnommé "et commercial", il nous vient pourtant du Moyen-Âge, lors duquel il servait déjà d'abréviation. Les premiers emplois de & figurent dans les Serments de Strasbourg (voir aussi), un des écrits sur parchemin les plus anciens, inaugurant la langue française. L'esperluète remplaçait donc le couple de lettres "et". On pouvait par exemple écrire béret : bér&.

Un parchemin bien étrange

Non, le SMS n'avait pas encore accompli son oeuvre putréfactrice, mais le gain de temps et de place était appréciable car le parchemin coûtait cher à cette époque. En effet, celui-ci étant fabriqué à partir de peaux de chèvre, d'agneau ou de veau, je vous laisse imaginer le pogrom bovin nécessaire pour obtenir ne serait-ce qu'un annuaire téléphonique au IIe siècle avant JC (celui qui ressuscite, pas le philosophe attaché aux molécules d'air).

JC vs JCVD

L'orthographe était donc un brin plus complexe. De même, le tilde permettait de remplacer des groupes de lettres : ã = an, ñ = neu, õ = om. La consonne p pouvait disposer d'une cédille tandis qu'un q barré signifiait "qui".

On en vint à considérer & comme la 27e lettre de l'alphabet puisqu'elle était récitée en tant que telle par les écoliers, qui concluaient la récitation par ...x, y, z, ète. On écrivait &c en lieu et place d'et caetera, et les dictionnaires la considéraient en dernière position il y a encore deux siècles puisqu'ils ne s'arrêtaient pas à Z.

L'esperluète fut probablement baptisée ainsi par la contraction de la formule "espère lue et" (puisque l'on espérait que & soit lu et). A moins que ce ne soit par la traduction de sphaera, sphère désignant la forme d'un coquillage proche de ce signe, ou en français ancien : espère.

Aujourd'hui, les entités (xml/xhtml) lui doivent leur syntaxe dithyrambique.

Design et point de vue

Lundi 8 mai 2006 | Webdesign
Design View

Design View se propose de tester en quelques questions rapides notre façon de concevoir le design, via un qcm qui aborde des points fondamentaux trop souvent oubliés. Il y est question de formes, de couleurs, de disposition et de point de vue. Les réponses ne sont pas détaillées, il appartient à chacun de trouver la raison de chaque solution donnée.

Toutefois, il n'y a pas de recette ultime, juste un ensemble de règles, à enfreindre en connaissance de cause. Car si toutes les règles étaient immuables, tout ne serait que ressemblance.