Pâtes Vador
Mardi 18 août 2009 | 3617 MyLife
Barcelone, c'est aussi l'architecture moderniste dans toute sa force, originalisée par Gaudí, concrétisée par Gaudí, maîtrisée par Gaudí au travers de différentes œuvres disséminées dans la ville. Celles-ci ont toutes un côté organique, surprenant et intemporel.
La Casa Batlló, dont la façade est d'inspiration squelettique reflète bien son surnom de « Maison des Os ». Elle figure en bonne place sur la Passeig (avenue) de Gràcia, non loin des boutiques de luxe.
La Casa Milà quant à elle, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, ondule de façon imposante et se laisse visiter avec curiosité. Peu de murs sont droits, Gaudí ayant non seulement conçu la structure de cette demeure mais aussi une bonne partie du mobilier.
Le Parc Güell, lui aussi au patrimoine mondial de l'Unesco, se prélasse tout en courbes et mosaïques colorées. Il y fait bon s'y promener, depuis la fontaine au dragon, au travers des passages ombragés, jusqu'à la la salle des colonnes surmontée par le fameux banc ondulé, autre créature fantastique et pigmentée.
La Sagrada Familia, édifice inachevé, nécessitera probablement un siècle et demi de construction d'après les nombreux plans conçus par Gaudí qui vécut en consacrant les dernières années de sa vie à ce projet. Les travaux furent arrêtés un temps faute de moyens, mais ont repris de plus belle ces dernières années.
Initialement financée par des dons privés et bâtie à l'extérieur de la ville dans les champs, elle est désormais cernée par l'expansion urbaine, et toujours subventionnée par des particuliers. La livraison est prévue aux alentours de 2025-2030. Il est relativement rare de pouvoir visiter une cathédrale en cours de construction, avec plans et maquettes répartis dans la nef autour des ouvriers, semblant suivre le plan secret d'un maître disparu...
Autre symbole qu'il est impossible de passer sous silence - puisque j'aime bien jongler avec les voyelles accentuées en UTF8 - la fondation Joan Miró (qui ne l'était pas tant que ça) est perchée au sommet de la colline de Montjuïc. Ses créations sont très plaisantes et à la portée des plus sceptiques en matière d'art moderne - dont je fais partie - citons notamment Lézard aux plumes d'or, les différentes sculptures Femme et oiseau, et uniquement pour son intitulé : Femme tourmentée par le soleil, qui récite des poèmes fondus dans des formes géométriques du vol musical de la chauve-souris née de la mer.
Cette colline hébergea aussi différents sites olympiques dont le stade.
Finalement, je suis content d'avoir pris maintenant mon vol pour Barcelone, ça doit être moins bien quand il y neige.
Barcelone, c'est la capitale de la Catalogne, dans laquelle résident près de deux millions d'espagnols, au bord de la méditerranée.

Barcelone, c'est aussi la plage olympique et son sable aux grains medium size qui ne collent pas, probablement sélectionnés par Jacques Vabre et Lustucru pour les J.O. de 1992. Lieu de murmures assommés par la force du soleil, et de clameurs pittoresques (cerveza, agua, cola... massaï ? cerveza, agua, cola...) avec ça et là un tube d'écran total qui se dilate et périme d'ennui.
C'est en outre Vicky Cristina Barcelona sans Vicky ni Cristina, mais avec un côté Auberge espagnole qui fait se rencontrer de nombreux étudiants européens en quête de délices Suis à la Granja Viader, ou d'enterrements zarzuéliens de vies de célibataires.
Barcelone, c'est tout le caractère du Bari Gòtic, dans la Ciutat Vella, qui ne changera pas de si tôt, malgré les caprices des boutiques de mode présentant les nouvelles tendances aux yeux des badauds en vacances.
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La Rambla, que l'on comparera - à tort - aux plus réputées avenues de ce monde, reste peuplée, voire surpeuplée par une foule artérielle en proie à de nouvelles expériences sensorielles, dès le Marché de la Boqueria atteint. Un marché de vrais fruits, tout en rouge, en vert et en jaune, avec en son centre le très odorant étal circulaire de poissons et fruits de mer qui vous fera vous sentir coupable d'avoir osé plonger les yeux dans ceux humides d'une daurade.
Une fois absorbé, le nectar de kiwi-banane fraîchement pressé ne pourra qu'ouvrir l'appétit à une folie culinaire dont le pain à la tomate sera la portée, les tapas une mélodie d'huile et d'épices, et la sangria la clé des réjouissances (ci-dessous un Mojito, par contradiction).
Pour les lendemains difficiles, rien de tel qu'une tortilla massive, suivie d'un plat d'arroz negro (ou riz noir).