Archive pour novembre 2011

Mozartkugeln, le test vérité

Jeudi 17 novembre 2011 | Pilule Rouge

En l'an de grâce 1890, Paul Fürst créa le Mozartkugeln. De Mozart (inutile de préciser) et Kugel (en allemand : boule ou boulette).

Objet de convoitises, ce chocolat célèbre à Vienne et ses alentours se voit copié de toutes parts, tant il est rare qu'un visiteur ne reparte pas sans quelques exemplaires dans son escarcelle. C'est autrement plus glamour qu'une saucisse.

Premièrement, il existe plusieurs fabricants, qui apportent plus ou moins de soin à la conception du Mozartkugel, en prenant plus ou moins de liberté par rapport à la recette originale. Si tant est qu'il en existât une. Le design reste sensiblement le même pour leurrer l'acheteur. Les têtes du compositeur ont l'air tantôt intelligentes, inspirées, concentrées, ou simplement de dire "Attention, je contiens des calories et j'ai une belle perruque".

Une forme sphérique parfaite n'est pas des plus aisées à obtenir. Tout dépend des moules, de la répartition sur le support et de la gravité. En effet, à 9.81 m/s-2 il est très probable que le chocolat s'écoule autour du noyau sans rester dignement à sa place. Le fourbe.

L'emballage est déjà un indice. À gauche, un exemplaire issu de Manner. À droite, un exemplaire de Mirabell (dont l'adresse authentique redirige invariablement vers le domaine Mozartkugel.at, comme quoi cette rivalité gustative se déroule aussi sur le port UDP 53).

On constate avec une étude rapprochée que la finition est inégale, soit un peu bâclée, soit épousant parfaitement la forme du contenu. De quoi constituer un sérieux défi pour les ingénieurs du pliage : une tablette de chocolat classique parallélépipédique est déjà bien difficile à refermer pour le commun des mortels. On peut présumer que les experts en packaging de Manner n'ont pas encore percé le secret des plieurs de Mirabell.

Après le déballage il n'y a plus de mystère. La boule dévoile tous ses secrets. Couleur, forme, irrégularités.

D'un côté, l'on se retrouve avec une géode approximative qui trahit le mode de production. De l'autre une honorable sphère démontre qu'il est toujours possible de rechercher la perfection dans l'impossible. Chateaubriand nous met cependant en garde contre l'idée d'une perfection qui nous empêcherait de ne rien achever. C'est pourquoi il faut pousser l'investigation plus en avant et ne pas s'arrêter à l'apparence.

En l'intérieur réside l'essentiel du débat. La recette originale consiste à partir d'un noyau de massepain à la pistache, recouvert d'une crème de nougat - voire d'un équivalent pour les adeptes d'une optimisation commerciale et schismatique de la tradition. Cette base de départ est placée au bout d'un bâtonnet de bois et plongée dans du chocolat pour en être entièrement revêtue. Une fois celui-ci refroidi et solidifié, le bois est retiré et le vil trou laissé derrière lui comblé.

Cette structure est à n'en pas douter d'une inspiration très proche de la géologie terrestre.

Le tout est emballé, à la main, dans une fine feuille métallique. La confiserie Fürst parvient ainsi à en produire à elle seule 1,4 million par an.

Après la dégustation, et si les neutrons restent sages, seul l'aluminium reste. Finalement, il est bien difficile de se prononcer. Il va falloir en tester d'autres, et procéder par vous-même pour vous forger une idée. Oui, le titre prometteur était un piège : tous les goûts sont dans la nature.

Je noterai tout de même que l'entrée de gamme est un peu plus sucrée sur les bords, moins raffinée dans sa composition, et que l'on peut sérieusement s'interroger : WTF ! Où est donc passé le noyau de pistache ?

Bien entendu, les autres imitations sont nombreuses. Pour simplifier le tout, si vous ne retrouvez aucune des caractéristiques citées, il y a de fortes chances pour que vous n'ayez qu'un vulgaire chocolat dans la main. La confiserie Fürst est située Getreidegasse, à Vienne bien sûr.

Game Stories

Mardi 15 novembre 2011 | Médias

Game Stories, 132 pages (6.90€) est disponible en kiosque et librairie ainsi qu'à l'exposition du Grand Palais (10 novembre 2011 - 10 janvier 2012).

Loin de ce que l'on peut trouver habituellement dans les autres magazines, ce hors-série retrace l'histoire des débuts (et quand je dis les débuts, ce sont vraiment les début des débuts) du jeu vidéo jusqu'à nos jours. Beaucoup d'anecdotes, de dossiers sur l'évolution du graphisme et des interfaces homme-machine, d'analyses fines sur les tendances et rebondissements dans la création des jeux. De Space Invaders à GTA, en passant par Mario et le Level & Sound Design, on y ressent tout l'art qui en découle depuis désormais (déjà) quelques décennies.

La mise en page est soignée, les illustrations des premières pages empreintes de nostalgie, à ce prix-là ce n'est que du bon. Pour les néophytes comme les hardcore gamers qui ont déjà tout connu.

Zzyzx

Dimanche 6 novembre 2011 | General

Zzyzx Road est une modeste route de Californie située dans le désert de Mojave.

Remarquez le vrai-faux border-radius sur le panneau (qui est d'ailleurs de mise pour la plupart d'entre eux aux States).

Outre sa particularité de posséder un nom difficile à prononcer, elle n'en revêt aucune autre. L'endroit fut bien un chouette coin de rencontres préhistoriques, mais reste bien aride sur les bords.

Zzyzx fut baptisée ainsi en 1944 par un certain Curtis Howe Springer, illuminé de son état, qui cherchait là le dernier mot de la langue anglaise. Il trouva l'occasion de fonder un Spa autour de sources minérales, de mettre un peu d'eau en bouteille pour les passants (la Vallée de la Mort n'est pas si loin) et d'accueillir des animaux dans son ranch pour en faire une attraction locale. Cependant, il fut expulsé des lieux en 1974 car il avait outrepassé les simples droits d'exploitation minière.

Non loin de Zzyzx Road, un Alien :