Un air de Noël
Jeudi 17 décembre 2009 | 3617 MyLife
La Piazza di Spagna, bien connue pour son grand escalier et sa fontaine en forme de barque, est dominée par l'église de la Trinité-Des-Monts qui appartient à la France.
La Piazza Navona est quant à elle recouverte toute la journée de vendeurs de reproductions artistiques variées.
... jusqu'à la nuit tombée.
... vue depuis l'École Française de Rome. Sa forme caractéristique, très allongée aux coins arrondis, provient de son usage historique : il s'agissait d'un ancien cirque romain.
Au centre trône la fontaine des Quatre Fleuves (le Danube, le Nil, le Gange, le Rio de la Plata) conçue par le Bernin. Chaque fleuve est représenté par un personnage distinct.
Le Nil se couvre le visage car on ne connaissait pas la localisation précise de sa source à cette époque (jusqu'au 20e siècle y compris).
Le capitole, sans ses oies.
Ceci n'est ni une pipe ni une place, c'est un dôme vu du dessous.
À l'aube...
Face à la basilique Saint Pierre.
Les gardes suisses sont bien entendu de mise. Il s'agit de la plus ancienne et de la plus petite armée du monde encore en activité.
... mais les couteaux suisses sont interdits.
Tenue de rigueur exigée : pas d'unijambistes.
A l'intérieur, le tombeau d'un pape, pour lequel le Bernin a représenté une tombe entrouverte dont en sort une main de mort, tenant un sablier.
Un dédale de couloirs et antichambres tous plus richement décorés les uns que les autres mènent à la chapelle Sixtine. Vieillards ou grabataires s'abstenir : le chemin de croix à suivre avant de l'atteindre est long, les détours sont nombreux.
Notamment via les Stanze de Raphaël.
"O RLY ?"
La nuit venue...
C'est par cette phrase qui semble vraiment ressurgir d'outre-tombe, comme dirait Obi-Wan, que le forum romain fait renaître quelques souvenirs antiques de Caesar II.
Celui-ci fut un jeu célèbre, édité à l'époque de DOS en 1995, une merveilleuse époque - que les jeunes skyblogueurs ne peuvent pas connaître - dominée par la stratégie, la construction de villes sur un damier isométrique en 640x480, les modifications périlleuses de config.sys et autoexec.bat, mais aussi et surtout la quête de la prospérité et la levée de nouvelles taxes (activités qui n'ont pas beaucoup évolué depuis). C'était du Sim City 2000 version Empereur plutôt que Maire, avec un soupçon de toges et d'aqueducs.
Caesar II était équipé de magnifiques voix pour votre Sound Blaster 16 (SET BLASTER=A220 I5 D1 T3 P330 H6), entre autres la très populaire annonce "Vous avez besoin de plébéiens" que l'IA répétait inlassablement en situation de crise.
Le vrai forum, l'authentique, celui de Rome, est un peu plus organique, moins pixelisé. Il n'est nul question cette fois-ci d'un forum MySQL et d'histoires de Delayed insert thread couldn't get requested lock for table. Mais je vais essayer de faire une légère traduction.
Les romains avaient inventé la fameuse devise SPQR (Senatus PopulusQue Romanus : "Le sénat et le peuple romain"), qui figure au frontispice de nombreux temples. De nos jours, on préfère SQL, puisque le Populus ne dispose plus des mêmes droits. Remarquez que de temps à autre une révolution produit un FLUSH PRIVILEGES.
Le Colisée est en quelque sorte de l'arène dans laquelle s'exécutent vos requêtes, c'est un endroit très SELECT.
Certains temples munis de nombreuses colonnes n'ont pas résisté au temps, et ont suscité la citation Error : Too many columns.
Les romains étaient un peuple très civilisé (syllepse), comparativement parlant. Ils aimaient bien les oliviers, le pain, les jeux, et les roses au nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif et ablatif. Cette syntaxe si particulière qui en a fait souffrir plus d'un est propre au latin. Avec MySQL on peut utiliser le latin-1, aussi nommé l'ISO-8859-1 mais aussi l'UTF-8.
Durant l'antiquité, on construisait à l'issue des campagnes victorieuses des arcs de triomphes pour les vainqueurs des conquête, idées débattues par le sénat et les comices romaines. Aujourd'hui on se contente d'un simple COMMIT en guise de conclusion.
La Fontaine de Trevi est bien sûr un incontournable. On y jette moult pièces par-dessus son épaule pour faire de l'œil au bon sort : le touriste exaucé sera assuré de revenir à Rome. La tradition a été (abusivement) étendue aux fontaines du monde entier.
Près d'un million d'euros par an sont ainsi collectés par les autorités dans le bassin de cette fontaine monumentale et répartis à des associations caritatives.
... par contre il faut éviter de laisser ses enfants y jeter le portefeuille complet sous peine de devoir partir à la pêche.
Près de la Piazza Navona, quelques panneaux indicateurs fort bien conçus.
Pigeons en haut, chats et rats en bas.
Rome est très connue pour son forum, son Colisée, son chef d'état lifté et gominé, son Panthéon. Ce dernier est un édifice religieux consacré à tous les dieux (d'où son nom), et fut construit initialement sous l'Empire. En voici une modélisation 3D faite à la main :
On aurait pu penser qu'il ne puisse en subsister que des miettes depuis le temps, comme la plupart des temples romains, mais le Panthéon a bien tenu le coup. Sa coupole se dresse toujours fièrement, volumineuse et imposante, caractérisée par l'oculus en son centre.
Autour de la Piazza di Spagna, de nombreux troquets, parmi lesquels le Re Degli Amici (Roi des Amis) qui est une bonne adresse, lorsque - justement - on a des amis et que l'on souhaite les garder autour d'une bonne table.
Après cette brève entrée en matière culturelle (je ne vais pas vous faire l'affront de recopier la page de Wikipedia), une glace de Giolitti est toute indiquée. Con molto panna. Faite maison. En coupe ou en cornet. Pas de photo pour la version cornet : avez-vous déjà essayé de manipuler un appareil Reflex avec une glace d'une taille monumentale dans la main ? Qui fond au soleil de surcroît (luttons contre le réchauffement climatique)...
Le prix des pizzas à la Casetta de' Trastevere est agréablement surprenant.
Le décor lui aussi, car il reproduit une ruelle typique avec du linge accroché au balcon. Ou l'inverse.
Finissons par des pâtes dans leur récipient en pur Parmesan, au Caffe'Argentina, en-face de l'Area Sacra.
Vous avez certainement lu de belles lisses poires durant votre enfance, qui ont été marquantes ou non, mais dont vous vous souvenez encore maintenant. En retrouvant ces livres, dans un carton ou dans les mains d'un innocent, vous vous rappelez de ces anti-héros ou personnages magiques auxquels vous avez pu vous identifier pour oublier un peu le monde des grands.
Parmi ceux qui me reviennent en mémoire :

Sophie est à l'orphelinat. Ce n'est pas une existence très réjouissante, mais un soir, elle aperçoit par la fenêtre une silhouette immense sous cape. Il s'agit du Bon Gros Géant, qui ayant été surpris saisit Sophie dans sa grande main et l'emmène au pays des géants. Heureusement, c'est un gentil géant qui se nourrit de légumes, stocke les rêves dans des bouteilles et les souffle la nuit dans les chambres des enfants.

La sorcière de la rue Mouffetard, Le gentil petit diable, La Sorcière du placard aux balais... qui sort lorsque l'on chante une petite chanson. Les deux chaussures qui s'aimaient, la patate qui rêvait de devenir frite... C'est un Paris surnaturel avec une fée du robinet qui fait des dons mais n'en mesure pas les conséquences.

On connaît Charlie et la Chocolaterie (d'autant plus depuis la sortie du film), mais il y a bien une suite... Charlie est sorti de la chocolaterie dans le grand ascenseur de verre avec sa famille, mais celui-ci se retrouve expédié dans l'espace, peuplé de Kpouts Vernicieux.

... qui va lui aussi bientôt sortir en film d'animation. « Dans la vallée, il y avait trois fermiers, éleveurs de volailles dodues... Le premier était gros et gourmand ; le deuxième était petit et bilieux; le troisième était maigre et se nourrissait de cidre. Tous les trois étaient laids et méchants. Dans le bois qui surplombait la vallée vivaient Maître Renard, Dame Renard et leurs quatre renardeaux, affamés et malins... ». Maître Renard va déployer toutes ses astuces pour nourrir sa famille et faire tourner en bourrique les trois fermiers.

(La description figure sur la couverture...)

Le prince de Motordu maltraite les mots, mais d'une façon beaucoup plus classe que ce que l'on voit comme horreur sur les skyblogs. Un château devient un chapeau, un garçon devient un glaçon. C'est grâce à la patience de la princesse Dézécolle dont il est amoureux qu'il va réapprendre les mots.

Georges n'aime pas sa grand-mère, elle a plutôt l'air d'une sorcière. Georges décide de la transformer grâce à une potion magique faite maison. Il y mélange tout ce qu'il peut trouver et cela va créer une mixture plutôt inattendue.

Comment l'éléphant a été doté d'une trompe, le chameau d'une bosse, et le léopard de taches. Pourquoi le kangourou ne marche plus à quattre pattes, et pourquoi la peau du rhinocéros est-elle plein de plis. Il leur est arrivé à chacun une aventure étonnante qui les a doté d'un attribut particulier.
Si vous avez des enfants, n'hésitez pas, ce sont des valeurs sûres.... en plus de Nils Holgersson, la comtesse de Ségur, les frères Grimm, Alphonse Daudet, Marcel Aymé, la liste est bien longue. J'ai d'ailleurs oublié le titre du livre où un perroquet gris du Gabon surdoué parle à un petit garçon.
Et vous ? Quels sont les livres qui ont pimenté votre enfance ?
Simple tentative de mise à jour vers le firmware 3.1.1.

Fatalité.